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Ancienne raffinerie Mobil : Frontignan tourne la page
Après quatre ans de dépollution sous la plus grande tente gonflable au monde, les 11 hectares de l'ancienne raffinerie Mobil ont été officiellement rendus à Frontignan la Peyrade ce mercredi 27 mai 2026. Coût : 60 millions d'euros à la charge de l'industriel.
Quatre ans de travaux. 175 000 m³ de terre excavés. Et surtout, la plus grande tente gonflable au monde – 120 mètres de long, 50 mètres de large, 16 mètres de haut, pour 60 tonnes – déployée au cœur même de Frontignan la Peyrade. Le chantier de dépollution de l'ancienne raffinerie Mobil a tenu en haleine les habitants depuis 2022. Ce mercredi 27 mai 2026, les 11 hectares du site ont été officiellement remis à la municipalité par North Atlantic Energies (ex-Esso S.A.F.). Une signature qui referme un dossier vieux de 30 ans et ouvre une nouvelle ère pour la ville.
Ancienne raffinerie Mobil : un chantier hors norme rendu à Frontignan
La convention paraphée par Olivier Laurent, adjoint au maire délégué à la prévention des risques et à la transition énergétique, et Pierre Grangette, responsable de projets pour North Atlantic Energies, scelle un combat municipal lancé il y a deux décennies. L'ancienne équipe avait obtenu d'Esso S.A.F. une réhabilitation intégrale aux frais de l'industriel : 60 millions d'euros, études et travaux compris, sans qu'un centime ne pèse sur les finances communales.
Sur le terrain, la maîtrise d'œuvre est revenue à Antea Group, les travaux à Séché Eco Services. D'août 2022 à mars 2026, les engins ont creusé entre 1 et 4 mètres de profondeur. Sur les 175 000 m³ extraits, 85 000 m³ ont quitté le site direction biocentre, où les terres ont été traitées avant d'être réemployées ailleurs.
La fameuse tente gonflable, conçue spécialement pour Frontignan, n'avait aucun équivalent sur la planète. Son rôle : enfermer les vapeurs d'hydrocarbures et capturer les poussières avant qu'elles n'atteignent les habitations voisines. Elle a été déplacée 18 fois pour couvrir l'ensemble du périmètre, mètre carré après mètre carré. Jusqu'à 70 ouvriers se relayaient sur place aux pics d'activité, 40 en régime de croisière.
Et puis il y a eu cet épisode qui aurait pu tout arrêter : la mise au jour d'une bombe de la Seconde Guerre mondiale enfouie dans le sol. Pierre Grangette le reconnaît sans détour : « C'est le moment pour moi de signifier à tous l'engagement fort des équipes sur ce grand chantier. Je partage avec vous mon admiration face à la gestion exemplaire de tous les intervenants qui ont participé aux travaux en dépit de la complexité du chantier et des aléas rencontrés, notamment lors de la découverte d'une bombe de la Seconde Guerre mondiale. On n'a compté aucun accident majeur en quatre ans. »
Le responsable insiste sur la singularité du site : un chantier industriel coincé entre habitations et canal, à deux pas du centre-ville. « Il y avait donc beaucoup d'enjeux et d'éléments particuliers à mettre en place afin de limiter les nuisances pour les riverains. D'où la conception de la plus grande tente au monde qui a représenté un vrai défi technique pour la déplacer près d'une vingtaine de fois sur le site et mener à bien les travaux de dépollution. »
Côté mairie, Olivier Laurent a salué la « qualité du travail effectué et toutes les précautions prises pour que les riverains soient le moins possible impactés par le bruit et les nuisances olfactives. » Au printemps 2026, le dôme géant a été dégonflé, la base-vie démantelée, l'unité de traitement des eaux retirée. Le terrain est nu, propre, prêt pour la suite.
Onze hectares à réinventer en plein cœur de Frontignan
Les terrains restitués vont à présent passer entre les mains de l'État. Une étude déterminera quelles activités et quels projets urbains pourront s'y installer. La municipalité, elle, ne cache pas ses ambitions pour ce foncier rare, situé entre la plage, la gare et le centre-ville.
Premier acte annoncé : la création d'un Pôle d'Échanges Multimodal (PEM), avec déplacement de la gare SNCF. Budget prévu : 25 millions d'euros. Démarrage des travaux espéré en 2028 ou 2029, sous réserve des autorisations. Un parking attenant doit fluidifier l'entrée de ville et désengorger le plan du Bassin, dont les habitants connaissent bien les bouchons aux heures de pointe.
L'ancien bâtiment administratif de La Mobil, témoin de la mémoire industrielle de Frontignan, sera quant à lui réhabilité. Espace de restauration, parc à vélos, services pour les usagers du train et les visiteurs : la ville veut en faire la vitrine d'accueil de la future gare. La municipalité plaide auprès de la SNCF pour un passage souterrain sous les rails plutôt qu'une passerelle.
Michel Arrouy, maire de Frontignan la Peyrade, défend une approche concertée : « C'est un site exceptionnel. Voici 11 hectares appartenant à la Ville que nous souhaitons aménager de manière durable et raisonnée, en concertation avec les habitants. Nous voulons créer un quartier qui vive toute la journée, tourné vers la jeunesse, et ainsi, permettre à tous nos concitoyens de s'approprier cet espace public comme un vrai lieu de vie. »
Le programme évoqué mêle zones végétalisées, cheminements doux entre le site et le centre-ville, lieux de convivialité et activités économiques. Une recette qui doit aussi bénéficier au bassin de Thau dans son ensemble, selon Loïc Linares, président de Sète Agglopôle Méditerranée : « Aujourd'hui, c'est le lancement d'une nouvelle ère pour le bassin de Thau. Un espace de cette qualité-là, à proximité de la plage et du centre-ville, est unique et précieux dans notre région, et certainement même, à l'échelle nationale. »
L'agglomération entend accompagner l'installation d'entreprises locales et capter les sollicitations de groupes nationaux intéressés par le site. Pour les Frontignanais, la longue parenthèse industrielle se referme. Reste à écrire, ensemble, ce que sera la prochaine.
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Passionné d'animation depuis l'âge de 14 ans, a pris les commandes de la matinale d'RTS à seulement 19 ans, poste qu'il a occupé pendant 13 ans. Après des études de sciences économiques à Montpellier, il occupe plusieurs postes chez RTS, devenant successivement responsable d'antenne, animateur, responsable technique. Aujourd'hui directeur général de la radio et de la régie publicitaire RTS Communication, il est également directeur de publication, avec une spécialisation dans l'actualité high-tech, économique et environnementale. Secteurs préviligiés : High-Tech, IA, Economique, Environnement
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