Cofruid'OC
Crédit : Cofruid'OC

Hérault : après un été étouffant, les arboriculteurs de Cofruid'OC font les comptes

Entre canicule interminable et sécheresse marquée, l'été n'a pas laissé beaucoup de répit aux vergers du Sud. À Saint-Just, la coopérative Cofruid'OC dresse un premier bilan. Si les arbres ont tenu le coup grâce aux systèmes d'irrigation, certaines variétés souffrent sérieusement de la répétition de ces coups de chaud.

Autour du Golfe du Lion, avoir chaud l'été fait partie du décor. Mais cette année, c'est surtout la durée du thermomètre dans les sommets qui a usé les hommes et les cultures. Basée à Saint-Just, la coopérative Cofruid'OC regroupe une quarantaine de familles de producteurs réparties entre l'Hérault, le Gard, le Vaucluse ou encore les Alpes-de-Haute-Provence.

Chaque année, elle traite environ 25 000 tonnes de fruits, à 95 % de la pomme, complétée par un peu de poires et d'asperges au printemps. Mais ce millésime garde une amertume particulière.

 

Les pommes précoces et traditionnelles en première ligne

 

Même si tous les vergers sont équipés d'eau, l'arrosage ne peut pas tout régler quand l'air reste brûlant pendant des semaines. « Ce qui a été perturbant cette année, c'est la durée des fortes chaleurs pour la production », résume Sébastien Tripon, le directeur de la coopérative.

Les variétés dites précoces, récoltées dès le mois d'août, ont mûri en plein cagnard. Résultat : moins de volume sur les arbres, des fruits parfois plus petits et une qualité plus délicate à tenir.

Le cas le plus inquiétant touche la Reine des Reinettes, véritable figure de proue de la maison. Cette variété rustique au goût très prisé supporte de moins en moins le combo « hivers trop doux + étés caniculaires ». Pour elle, le constat est sans détour : sa production s'éteint progressivement dans le secteur, car elle n'est tout simplement plus rentable face à ce climat durci.

Du côté des poires d'été (Guyot, Williams) ou des asperges récoltées bien plus tôt dans l'année, les nouvelles sont plus rassurantes : bien implantées et habituées aux conditions méditerranéennes, elles n'affichent pas de dégâts majeurs à ce jour.

 

Adaptation des producteurs et négociations en rayon

 

Pour éviter de voir les vergers dépérir au fil des ans, les producteurs investissent massivement. L'une des armes principales reste la pose de filets antigrêle. S'ils protègent d'abord des orages, ils servent aussi de bouclier thermique l'été. En créant de l'ombre et en maintenant un brin d'hygrométrie sous la toile, ils font tomber la température de quelques degrés au-dessus des fruits.

Reste la question de la facture. Récolter moins de tonnes avec autant de travail et de charges pèse lourd sur les exploitations. Sébastien Tripon ne le cache pas : des discussions sont en cours avec la grande distribution et les détaillants, qui écoulent la moitié de la production française, pour ajuster les prix. L'idée est que ce surcoût lié aux aléas du temps soit pris en compte, jusqu'au ticket de caisse du consommateur, pour permettre aux vergers familiaux du coin de continuer à vivre.


Publié : 7h26 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement