La graine
Plus de 200 commerces et établissements de l'est de l'Hérault acceptent cette monnaie locale.
Crédit : La Graine 34

Hérault : payer sa baguette ou son plombier en «graines», c’est possible grâce à cette monnaie 100% locale

Née à Montpellier sous l’impulsion de citoyens engagés, La Graine continue de faire son chemin dans l'Hérault. Huit ans après son lancement, cette monnaie alternative regroupe plus de 200 commerçants et plus d'un millier d'utilisateurs. L'objectif est simple : garder l'argent sur le territoire et soutenir une économie de proximité.

Sur les vitrines de Montpellier, de Sète et plus globalement de l'est du département, le macaron vert de La Graine est devenu pour certains un repère familier. Il signale les commerces indépendants, les artisans ou même les professionnels de santé qui acceptent cette monnaie locale héraultaise. Née en 2018 après plusieurs années de préparation, La Graine est aujourd'hui gérée par l'association ADESL.

L'idée de départ est née d'un constat simple : la volonté de se réapproprier les échanges économiques au niveau citoyen. Aujourd'hui, plus de 200 professionnels et environ 1 300 particuliers utilisent régulièrement ces billets ou l'application dédiée sur le département.

 

Faire circuler l'argent près de chez soi

 

Concrètement, la règle du jeu ne change rien à votre portefeuille : une graine vaut exactement un euro. La vraie différence réside dans ce que devient cet argent. Quand vous payez en euros dans une grande enseigne, la somme rejoint le réseau bancaire classique et s'en va alimenter les marchés financiers.

En passant par La Graine, le commerçant qui reçoit ce paiement ne remet pas cet argent en banque : il va le réutiliser auprès de ses propres fournisseurs locaux, pour payer une partie des salaires ou pour régler sa facture chez des acteurs engagés comme Enercoop. L'argent reste ainsi bloqué dans une boucle locale.

L'autre avantage est financier. Chaque euro échangé contre une graine est placé sur un fonds de garantie auprès d'une banque éthique, La NEF. Celle-ci s'engage à réinvestir le double de ce montant dans des projets agricoles, écologiques ou sociaux sur le territoire. Les petits intérêts générés par ce fonds sont quant à eux directement redistribués à des associations locales.

 

Une communauté de commerces indépendants

 

Du côté des commerçants, pas de grandes chaînes ni de géants de la distribution. La charte de La Graine exige que le siège social soit basé dans l'Hérault et que l'activité respecte des critères d'économie sociale et solidaire.

On retrouve ainsi des boulangeries, des maraîchers bio, des librairies indépendantes, des cinémas de quartier, mais aussi des plombiers, des électriciens ou des ostéopathes. Pour ces professionnels, accepter La Graine permet de capter une clientèle engagée sans payer de frais de transaction bancaire.

 

Des billets papier ou un paiement sur smartphone

 

Pour sauter le pas, l'utilisation est pensée pour être accessible au quotidien. Il est possible de se procurer des billets physiques dans les comptoirs de change partenaires, notamment à Montpellier et à Sète, ou de souscrire un abonnement mensuel pour les recevoir par la poste.

Pour ceux qui privilégient le numérique, l'application gratuite "La Graine 34" permet de charger son compte par carte bleue et de régler directement sur place en scannant un QR code sur le comptoir du commerçant.

 

 

Mettre le cap vers l'est et l’arrière pays

 

Aujourd'hui très présente sur la métropole montpelliéraine et autour de Sète, l'association souhaite désormais essaimer plus largement. Des développements sont en cours vers Lunel, le Grand Pic Saint-Loup et la vallée de l’Hérault. Dans ces secteurs où les petits commerces de centre-bourg peuvent s’essoufler, la monnaie locale peut-être un outil concret pour maintenir l'activité et retisser du lien entre habitants et producteurs locaux.


Publié : 21 octobre 2026 à 17h30 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement