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Hérault : une table solaire flottante pour aider les huîtres face aux aléas climatiques
Le projet SolarinThau vient de franchir une étape cruciale. Dimanche 7 juin dernier, un prototype géant de 53 mètres de long a traversé les canaux de Sète pour rejoindre ses parcs d'expérimentation dans l'étang de Thau. L'objectif de cette structure hybride ? Marier la production d'énergie photovoltaïque et l'élevage d'huîtres pour moderniser une filière locale en difficulté.
Les Sétois ont assisté à un bien curieux spectacle. Une immense plateforme flottante de 53 mètres de long sur 18 mètres de large a remonté les canaux de la ville, franchissant l'un après l'autre ses cinq ponts emblématiques. Assemblée sur le port de Sète, cette structure unique en son genre a enfin rejoint son emplacement définitif dans le nord de la lagune, face à la ville de Mèze.
Ce projet, baptisé SolarinThau, est le fruit d’un travail de longue haleine entamé en 2020 par un consortium local : le Comité Régional de Conchyliculture de Méditerranée (CRCM), le Syndicat Mixte du Bassin de Thau (SMBT) et la startup SolarInBlue, avec le soutien financier de l’État et de la Région Occitanie.
Une filière historique prise à la gorge
Le constat de départ est alarmant. Les 2 500 tables conchylicoles de la lagune, ces fameux rails en fer plantés dans l'eau, sont vieillissantes. À cause de l'explosion des coûts des matériaux et d'une conjoncture économique très lourde, les producteurs n'ont plus les moyens de rénover leurs outils de travail.
Pour ne rien arranger, le réchauffement de l'eau frappe de plein fouet le bassin. La crise de l'été 2025 reste dans toutes les mémoires : une baisse drastique de l'oxygène dans la lagune (une anoxie, localement appelée "malaïgue") avait provoqué des mortalités massives chez les huîtres. Face à cette double impasse économique et climatique, le secteur devait se réinventer.
Le principe de l'agrivoltaïsme appliqué à la mer
L'idée de SolarinThau est directement calquée sur ce qui se fait sur terre avec les panneaux solaires installés au-dessus des cultures. Ici, la table flottante est recouverte de panneaux photovoltaïques gérés par un énergéticien (SolarInBlue). L'électricité produite est revendue sur le réseau, et ce sont ces gains énergétiques qui permettent d'amortir et de financer la structure d'élevage pour le conchyliculteur, avec un objectif de "coût zéro" pour le professionnel.
À grande échelle, le potentiel fait rêver : recouvrir les parcs de la lagune avec ce système permettrait de produire assez d'électricité verte pour alimenter l'ensemble des communes du bassin de Thau.
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De la technologie pour doper la qualité
Au-delà de l'énergie, cette table connectée offre de vraies armes aux producteurs face au climat. Une partie de l'électricité produite va alimenter des oxygénateurs placés directement sous la structure pour ventiler l'eau et empêcher les huîtres de mourir étouffées lors des futures canicules estivales.
Le système permet aussi d'automatiser l'exondation. En sortant régulièrement et mécaniquement les huîtres de l'eau, on simule les marées de l'Atlantique. Résultat : le coquillage se muscle, la coquille devient plus dure et la chair plus généreuse, tout en réduisant la pénibilité du travail et les déchets.
Le verdict de la lagune
Si les calculs sur ordinateur sont prometteurs, place désormais à la réalité du terrain. Les premiers naissains d'huîtres vont être installés sur la structure au début du mois de juillet, juste après l'inauguration officielle du démonstrateur prévue le 2 juillet prochain..
L'expérimentation va durer 18 mois, soit le temps d'un cycle complet d'élevage, pour tester la résistance de la table aux tempêtes hivernales, valider la pousse des huîtres à l'ombre des panneaux et juger de la maniabilité du système pour les professionnels.
La question de l'impact visuel sera aussi scrutée de près. Si la structure est plus haute que les tables traditionnelles, les premiers tests visuels montrent qu'elle s'intègre discrètement dans le paysage marin. Les 18 prochains mois diront si cette innovation locale est capable de métamorphoser définitivement la conchyliculture de la Méditerranée.
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Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement
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