Qista déroule le tapis rouge contre les moustiques à Sénas

Qista déroule le tapis rouge contre les moustiques à Sénas

Le 29 mai 2026, dans le cadre des Journées Choose France, la PME Qista ouvre son usine de Sénas (Bouches-du-Rhône) au grand public pour dévoiler sa technologie écologique de lutte anti-moustique, sans pesticides ni substances toxiques.

Lutte anti-moustique : Qista ouvre les portes de son usine provençale

Le moustique s'installe durablement en France. Et avec lui, un cortège de nuisances qui transforment les soirées d'été en parcours du combattant. Face à ce fléau qui gagne du terrain chaque année, une PME des Bouches-du-Rhône propose une riposte technologique sans pesticides. Qista, fabricant français de bornes anti-moustiques, ouvrira exceptionnellement les portes de son site de production sénassien le vendredi 29 mai 2026, dans le cadre des Journées Choose France lancées par le Gouvernement.

Cette opération inédite, calquée sur le modèle des Journées du patrimoine, vise à faire connaître au grand public les entreprises qui ont fait le choix d'investir et de produire sur le territoire national. Trois jours durant, du 29 au 31 mai, des sites industriels accueilleront les visiteurs partout en France, en amont des Sommets Choose France du 1er juin 2026. L'objectif affiché par l'exécutif tient en une phrase : rapprocher le tissu économique du citoyen, mettre en lumière les savoir-faire locaux et tisser des liens durables entre les industriels et leur bassin de vie.

Une technologie de biomimétisme contre le moustique tigre

Depuis Sénas, à une heure de route de Nîmes et Montpellier, Qista a bâti une approche radicalement différente de la lutte anti-moustique traditionnelle. Exit les insecticides chimiques pulvérisés à l'aveugle. La PME mise sur le biomimétisme, une science qui copie les mécanismes du vivant pour résoudre des problèmes humains. Concrètement, ses bornes reproduisent les signaux émis par le corps humain pour attirer les femelles moustiques : du CO₂ recyclé qui simule la respiration, associé à un leurre olfactif qui imite l'odeur de la peau.

Une fois attirés, les insectes sont aspirés et capturés. Le système, baptisé MosqiVortex®, est breveté. Selon les chiffres communiqués par l'entreprise, il permet de réduire jusqu'à 90 % des nuisances dans la zone protégée. Surtout, il préserve la biodiversité locale puisqu'il cible spécifiquement les moustiques sans menacer abeilles, papillons ou autres pollinisateurs essentiels aux écosystèmes méditerranéens.

Ce positionnement écoresponsable répond à une attente forte des collectivités du sud de la France, confrontées depuis plusieurs années à la prolifération du moustique tigre, vecteur de maladies comme la dengue ou le chikungunya. Une menace sanitaire qui ne se limite plus aux régions tropicales et qui place la lutte anti-moustique au rang d'enjeu de santé publique majeur.

Une PME industrielle qui pèse dans l'économie régionale

Derrière la prouesse technique, il y a une aventure entrepreneuriale. Créée en 2014 et dirigée par Pierre Bellagambi, Qista emploie aujourd'hui une soixantaine de collaborateurs sur son site provençal. L'entreprise revendique un ancrage territorial profond, avec 400 fournisseurs nationaux et 100 sous-traitants locaux mobilisés autour de son outil industriel.

Le développement de Qista s'appuie sur des partenaires de poids. Thierry Dassault Holding est entré au capital dès 2017, avant de renforcer sa participation en 2023 pour devenir le premier actionnaire de la PME aux côtés de son fondateur. L'entreprise a également intégré ZEBOX, l'accélérateur international du groupe CMA CGM, ce qui lui ouvre des portes à l'export. Résultat : plus de 16 000 bornes installées dans près de 150 municipalités, sur 37 territoires à travers le monde.

Les reconnaissances institutionnelles s'enchaînent. Élue PME de l'année 2025 aux Trophées PME RMC-BFM, lauréate en 2021 du dispositif « Territoires d'industrie » en PACA dans le cadre du Plan France Relance, Qista avait également été distinguée au CES de Las Vegas dès 2018. Une trajectoire qui illustre la capacité d'une PME française à imposer sa technologie sur un marché mondial dominé jusqu'ici par des solutions chimiques.

Visite guidée le 29 mai : ce que les visiteurs vont découvrir

Le vendredi 29 mai, le site de Sénas s'ouvrira gratuitement au public, sur inscription préalable. Les curieux pourront pousser les portes de l'atelier d'usinage où sont assemblées les bornes, mais aussi du laboratoire d'entomologie intégré, le Qista Lab. Un espace habituellement fermé au public, où les chercheurs étudient le comportement des moustiques pour affiner en permanence les performances du dispositif.

Les visites guidées en petits groupes sont programmées à 10h et 11h. Toute la journée, un atelier extérieur permettra d'observer les insectes en conditions réelles, de découvrir les cages d'élevage utilisées pour la recherche, et d'assister à des démonstrations des bornes en fonctionnement.

Les informations pratiques à retenir :

  • Date : vendredi 29 mai 2026, de 10h à 15h
  • Adresse : 130 Avenue du Luberon, 13560 Sénas
  • Entrée : gratuite, inscription obligatoire en ligne
  • Visites guidées : 10h et 11h, par petits groupes
  • Atelier extérieur : ouvert toute la journée

Pour les habitants du Sud, l'occasion est rare de pénétrer dans une usine high-tech qui s'attaque à un problème devenu quotidien dans tout le pourtour méditerranéen. À une époque où le moustique tigre remonte progressivement vers le nord et où les terrasses du Languedoc deviennent inhospitalières dès la tombée du jour, comprendre les coulisses d'une technologie alternative aux insecticides prend un sens très concret.


Publié : 27 mai 2026 à 22h04 par
François-Xavier Delacoux - Directeur de publication

Passionné d'animation depuis l'âge de 14 ans, a pris les commandes de la matinale d'RTS à seulement 19 ans, poste qu'il a occupé pendant 13 ans. Après des études de sciences économiques à Montpellier, il occupe plusieurs postes chez RTS, devenant successivement responsable d'antenne, animateur, responsable technique. Aujourd'hui directeur général de la radio et de la régie publicitaire RTS Communication, il est également directeur de publication, avec une spécialisation dans l'actualité high-tech, économique et environnementale. Secteurs préviligiés : High-Tech, IA, Economique, Environnement