BorderAge, la technologie Montpellieraine qui vérifie l’âge… grâce aux mouvements de la main

Face au durcissement des lois encadrant l’accès des mineurs à certains contenus en ligne, une entreprise Montpellieraine propose une alternative radicalement nouvelle aux contrôles d’identité classiques. Son nom : BorderAge, une solution développée par l’entreprise Needemand, capable de déterminer si un utilisateur a plus ou moins de 18 ans,  sans carte d’identité, sans reconnaissance faciale, et sans collecte de données personnelles.

Needemand
Crédit : Pixabay - Photo d'illustration

Needemand, de la formation à l’innovation technologique

 

Créée il y a huit ans, Needemand s’est d’abord spécialisée dans la formation aux technologies numériques de pointe : intelligence artificielle, machine learning et cybersécurité. Des activités de formation qui ont permis à l’entreprise de financer en parallèle le développement de ses propres solutions technologiques. Après plusieurs années de recherche et développement, l’entreprise a franchi un cap à l’automne dernier avec la commercialisation de BorderAge, sa solution phare.

 

Vérifier l’âge sans identifier les personnes

 

BorderAge répond à un besoin de plus en plus pressant : contrôler l’âge des utilisateurs sur des services soumis à des restrictions légales. Cela concerne aussi bien les sites pour adultes, les réseaux sociaux, les jeux et paris en ligne, que certaines situations du monde physique, comme l’achat d’alcool ou de billets de loterie chez un buraliste.

Mais là où BorderAge se distingue, c’est dans son approche.

« Notre solution ne demande aucune donnée personnelle. Pas de carte d’identité, pas de visage, pas d’informations stockées », insiste Jean-Michel Polit, directeur commercial de Needemand.

Concrètement, l’utilisateur est invité à effectuer quelques mouvements simples de la main devant sa caméra. En moins de 20 secondes, le système indique uniquement si la personne est au-dessus ou en dessous de l’âge requis (16, 18 ans ou autre). Rien de plus.

 

Une technologie fondée sur la science médicale

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette technologie repose sur des fondements scientifiques solides.

« La médecine a démontré un lien très étroit entre l’évolution du système nerveux et les mouvements de la main, en particulier entre la naissance et l’âge adulte », explique le directeur commercial.

Durant l’enfance et l’adolescence, le système nerveux évolue très rapidement, ce qui influence subtilement la manière dont nous bougeons nos mains. Ces différences sont invisibles à l’œil nu, mais parfaitement détectables par des modèles d’intelligence artificielle entraînés à cet effet.

Résultat : BorderAge ne donne jamais l’âge exact d’une personne, mais sait déterminer avec une précision remarquable si elle a franchi un seuil légal.

 

Une fiabilité proche de 99 %

 

Cette approche a été testée à grande échelle, notamment par le gouvernement australien. Avant d’adopter une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, l’Australie a évalué l’ensemble des solutions disponibles sur le marché.

« BorderAge est ressortie comme la technologie la plus fiable, avec un taux proche de 99 % », souligne Jean-Michel Polit.

Autre avantage clé : l’impossibilité de tricher. Contrairement à une photo ou un document falsifiable, un mineur ne peut pas imiter les mouvements de la main d’un adulte.

 

Un enjeu économique majeur pour les plateformes

 

Au-delà de la conformité légale, BorderAge répond aussi à un enjeu business crucial. De nombreuses plateformes ayant adopté des contrôles par carte d’identité ou reconnaissance faciale ont vu leur trafic chuter drastiquement.

« Certaines perdent entre 50 et 90 % de leur audience », explique Jean-Michel Polit.

Face à ces pertes, plusieurs acteurs se sont tournés vers BorderAge, qui permet de protéger les mineurs sans faire fuir les utilisateurs.

 

Une technologie déjà adoptée à l’international

 

Aujourd’hui, BorderAge compte parmi ses clients des sites pour adultes, des réseaux sociaux, des plateformes de jeux en ligne et même des sites de rencontre, avec des utilisateurs répartis dans le monde entier.

Cette dynamique est renforcée par l’actualité législative : Royaume-Uni, France, États-Unis, Australie… Les lois se multiplient pour encadrer l’accès des mineurs aux contenus sensibles.

En France, un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. Needemand est déjà en contact avec plusieurs acteurs politiques impliqués dans ces travaux.

 

Une nouvelle version encore plus inclusive en préparation

 

BorderAge ne compte pas s’arrêter là. Une évolution majeure de la solution est prévue pour 2026.

Objectif : se rapprocher encore davantage des 100 % de fiabilité et proposer une alternative aux personnes ne pouvant pas effectuer les mouvements de la main, notamment en situation de handicap.

« La nouvelle technologie sera complémentaire, totalement différente, et permettra à la fois d’augmenter la fiabilité globale et l’inclusion », précise Jean-Michel Polit.

Encore confidentielle pour des raisons de brevets, cette innovation pourrait bien asseoir durablement BorderAge comme une référence mondiale de la vérification d’âge éthique et non intrusive.

Publié : 8h51 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement