Humour : Philippine Delaire à Nîmes et Palavas ce week-end

Avec son spectacle Fifille à Papa, la comédienne et humoriste se livre comme jamais, abordant le deuil, la rupture et la dépression avec une sincérité désarmante et beaucoup d’humour. Elle sera dans le Sud ce week-end, vendredi 16 janvier à Nîmes et samedi 17 Palavas-les-Flots. Rencontre.

Philippine Delaire

RTS : Avant de parler de votre nouveau spectacle, on voulait revenir sur vos débuts. Vos deux spectacles sont nés à Avignon, c’est bien ça ?

Philippine Delaire : Oui, complètement. Mes deux spectacles ont été créés à Avignon. Le premier, Télédrama, en juillet 2021, et le second en juillet 2023. Avignon, c’est vraiment un endroit fondateur pour moi.

 

RTS : Et le premier Avignon n’a pas été simple…

Philippine Delaire : (rires) Pas du tout. Le premier soir, il y avait cinq personnes dans la salle… dont trois étaient mes producteurs. Donc en réalité, deux vrais spectateurs dans une salle de 120 places. C’est assez violent comme expérience.

Mais ce qui est drôle, c’est de voir l’évolution : le lendemain, sept personnes, puis quinze… Et quand j’avais quinze personnes, j’avais l’impression de jouer dans un Zénith ! Je me baladais dans Avignon en mode “ça y est, je perce”. C’était génial de voir le bouche-à-oreille fonctionner petit à petit.

 

RTS : Le deuxième spectacle, en revanche, a connu un tout autre démarrage…

Philippine Delaire : Oui, clairement. Entre-temps, les réseaux sociaux avaient pris beaucoup plus de place. J’étais plus suivie, et forcément ça change tout. La salle s’est remplie beaucoup plus facilement.

 

RTS : Justement, les réseaux sociaux ont été votre tremplin ?

Philippine Delaire : Complètement. J’ai fait les Cours Florent et, en parallèle, j’ai commencé à poster des vidéos sur Instagram en me disant que ça pouvait servir de CV artistique. Et puis il y a eu le confinement. Comme beaucoup, j’ai gagné en visibilité à ce moment-là. Les gens étaient chez eux, cherchaient à s’évader.

Ça m’a permis de trouver mon univers, mes personnages, ma patte. Et c’est aussi comme ça que des producteurs m’ont repérée pour mon premier spectacle.

 

RTS : Aujourd’hui, avec Fifille à Papa, vous êtes beaucoup plus personnelle sur scène.

Philippine Delaire : Oui. Télédrama, c’était surtout des personnages, des sketchs sur l’univers de la télé. Mais les gens qui me suivent sur les réseaux me disaient souvent : “On a envie de connaître la Philippine derrière les personnages.”

Il m’a fallu du temps pour me sentir prête. Se cacher derrière des rôles, c’est plus facile. Au bout d’un an et demi, je me suis dit que j’étais assez armée pour parler de moi.

 

RTS : La première version du spectacle s’appelait Fille à papa…

Philippine Delaire : Oui. Ça parlait beaucoup de mon mariage et aussi du fait que j’ai perdu mon père à 18 ans. J’ai mis dix ans avant de me sentir capable d’en parler sur scène, avec une forme de douceur et d’espoir.

 

RTS : Et puis votre vie personnelle a basculé en plein milieu de la tournée…

Philippine Delaire : Exactement. Trois mois après le début du spectacle, j’ai appris que j’étais cocue depuis plusieurs mois. Mon “mariage incroyable”, que je racontais sur scène, ne l’était finalement plus du tout.

Dix jours après, je devais remonter sur scène. J’étais en plein divorce, très mal psychologiquement, mais je n’avais pas le choix. Le spectacle marchait, la tournée était lancée.

 

RTS : Vous avez donc fait évoluer le spectacle en même temps que votre vie…

Philippine Delaire : Oui, et c’est ce qui est fou. J’ai intégré tout ce que je vivais : la tromperie, la dépression, les antidépresseurs… Aujourd’hui, Fille à Papa est devenu Fifille à papa, et le spectacle est vraiment centré sur la résilience.

Il parle du fait qu’on peut vivre des choses très dures, tomber très bas, et se relever.

 

RTS : Ce sont des thèmes encore peu abordés dans l’humour…

Philippine Delaire : C’est ce que me disent beaucoup de spectateurs. Les antidépresseurs, le deuil, la dépression, la honte qu’on peut ressentir… On met souvent ça sous le tapis.

Moi-même, au début, je culpabilisais de prendre des médicaments. Et puis très vite, j’en ai fait des blagues. Parce que quand tu arrives à en rire, c’est aussi que tu prends de la distance. L’écriture m’a énormément aidée personnellement.

 

RTS : Le public semble se reconnaître dans votre histoire.

Philippine Delaire : Oui, c’est ce qui me touche le plus. À la sortie, des gens me disent : “Ton spectacle me parle parce que j’ai perdu mon père”, “parce que j’ai été trompée”, “parce que j’ai traversé une dépression”.

Je me rends compte que ce spectacle touche des gens très différents, et beaucoup plus largement que la première version.

 

RTS : Vous êtes actuellement en tournée dans toute la France…

Philippine Delaire : Oui, je joue encore une fois par semaine à Paris et je suis en tournée partout : Nîmes, Palavas, Bordeaux, Biarritz, Lille, la Belgique, la Suisse… C’est une chance énorme.

 

RTS : Et pour la suite, des projets ?

Philippine Delaire : J’adorerais adapter ce spectacle en film, en faire un long métrage. Ce serait un aboutissement incroyable. Je travaille là-dessus, et j’ai aussi d’autres projets d’écriture, mais tout prend du temps. On croise les doigts !

 

Infos pratiques

 

Philippine Delaire – Fifille à papa

  • Vendredi 16 janvier 2026 à Nîmes - 20h30 - Auditorium Hôtel novotel Atria
  • Samedi 17 janvier 2026 à Palavas-les-Flots - 20h30 - Salle bleue
  • Autres dates dans la région : 21 mars à Aix-en-Provence

Toutes les dates et informations sont à retrouver sur les réseaux sociaux de l’artiste et sur les billetteries en ligne, notamment Vincent Ribera Organisation.

Publié : 14 janvier 2026 à 8h00 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement