Musée du téléphone - Narbonne
Le musée du téléphone se situe à quelques pas de la gare de Narbonne, en plein centre-ville.
Crédit : Musée du téléphone - Narbonne

Le téléphone a 150 ans : À Narbonne, on apprend encore aux jeunes à tourner le cadran

On l’oublie souvent derrière nos écrans tactiles, mais le téléphone est une vieille dame de 150 ans. À Narbonne, une poignée de passionnés fait revivre cette épopée technique et humaine au sein d’un musée unique. Rencontre avec Renaud Laus, le gardien de nos premières voix "venues de loin".

Le nom "téléphone" vient du grec : télé (loin) et phônê (la voix). Littéralement, la voix qui vient de loin. Aujourd'hui, on ne se pose plus la question de l'immédiateté, mais il fut un temps, pas si lointain, où passer un coup de fil était une petite aventure, une affaire de patience et de luxe.

 

Une expo qui retrace 200 ans d'histoire

 

Le musée narbonnais voit le jour en 1994. À l’origine de l'aventure, on trouve l’association ARHISCOM, qui s’était illustrée quelques années plus tôt par la reconstruction à l’identique de la tour du télégraphe Chappe à Narbonne-Jonquière. Entre les collectionneurs d’annuaires, les mordus de vieux combinés et les chercheurs, l’idée d’un lieu dédié aux télécommunications s’est finalement imposée comme une évidence.

« On s'appelle le musée du téléphone, mais on est en réalité le musée des télécommunications », précise Renaud Laus, président de l'association. Dans les rayons du 38 boulevard Marcel-Sembat, on remonte le temps de 1792 à nos jours. Des signaux optiques du réseau Chappe à l'arrivée de la 5G, c’est tout le génie humain déployé pour briser l’isolement qui est ici exposé.

 

Graham Bell, mais aussi des Français

 

Si l’histoire officielle retient le nom de l’Américain Graham Bell, qui déposa son brevet le 14 février 1876, Renaud Laus aime rappeler que la France n’était pas en reste. Dès 1854, Charles Bourseul posait déjà le principe de la transmission électrique de la parole.

Plus surprenant encore : saviez-vous que Clément Ader, le célèbre "père de l’aviation", a d'abord fait fortune grâce au téléphone ? « Il a créé le premier appareil français en 1880 », explique le président. Mieux, Ader invente la stéréo dès 1881 avec le "théâtrophone". Grâce à deux micros placés de chaque côté de la scène de l’Opéra, des abonnés comme Marcel Proust pouvaient écouter les spectacles en direct depuis leur lit, avec une spatialisation sonore révolutionnaire pour l'époque.

 

Quand le cadran devient un mystère pour la "Génération Z"

 

Le musée n'est pas qu'une galerie d'objets inertes. On peut y manipuler, tester et, surtout, s'étonner. Pour les plus jeunes, la visite vire souvent au choc culturel. Face à un vieux poste, les enfants ont instinctivement tendance à appuyer sur les chiffres comme sur un écran. Apprendre qu'il fallait faire tourner le disque pour chaque numéro est une révélation. De même, expliquer qu'à Narbonne-Plage, dans les années 70, il fallait parfois patienter quatre heures pour obtenir une communication laisse les ados totalement incrédules.

 

Un développement "à deux vitesses"

 

L'exposition rappelle aussi que le téléphone a longtemps été un objet d'élite. En 1889, on ne comptait que 1 800 abonnés dans toute la France, dont 1 400 pour la seule ville de Paris ! Dans l'Aude, le premier "abonné" (à Ouveillan en 1890) ne reliait en réalité que son bureau à son domicile. Il faudra attendre le grand plan de modernisation de 1974 pour que le téléphone devienne enfin l'objet universel que l'on connaît aujourd'hui.

 

Infos pratiques 

 

 Le Musée du Téléphone

  • Adresse : 38 Boulevard Marcel-Sembat, Narbonne (à proximité de la gare).
  • Horaires (Hors saison) : Le samedi de 14h00 à 17h30.
  • Saison estivale (Juillet-Septembre) : Ouvert tous les après-midi, sauf le dimanche et le lundi.
  • Le site internet. 

Publié : 11h45 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement