Environnement: les cheveux et ses multiples vertus écologiques

Près d’un million de personnes se font couper les cheveux en France tous les jours. Cela représente 4 000 tonnes de déchets non recyclés chaque année. Aux côtés d'autres acteurs, la start-up Capillum veut faire bouger les lignes, en recyclant cette ressource jusque-là non valorisée, en lui donnant une seconde vie, dans plusieurs domaines d’application différents, tous écologiques.

20 septembre 2021 à 6h22 par Corentin Aubry

Cheveux

Qu’ils soient blonds, bruns, roux, colorés, ou décolorés, tous les cheveux peuvent être valorisés

 

Après s’être rencontrés sur les bancs de l’École Supérieure de Commerce de Clermont-Ferrand (63), les deux fondateurs de Capillum, James Taylor et Clément Baldellou ont décidé de se lancer dans le pari de combiner entreprenariat et démarche écoresponsable. Car oui, les cheveux peuvent avoir de multiples utilisations en faveur de l’environnement. On peut s’en servir de paillage, dans le domaine agricole. Le cheveu permet de préserver les sols et de limiter la consommation d’eau. En mer, le cheveu peut aussi avoir son utilité : capable d’absorber naturellement jusqu’à 8 fois son poids en hydrocarbures, les cheveux peuvent ainsi nettoyer les eaux des zones portuaires, des océans, sites et sols pollués. Enfin, le cheveu est composé à 95 % de kératine. De nombreux travaux en laboratoire ont permis à Capillum de pouvoir extraire cette kératine. Capillum participe ainsi à la recherche médicale dans le but d’améliorer les soins de la peau.

 

Une démarche sans contrainte

 

L’écologie se confronte souvent à la capacité de changement et d’adaptation des consommateurs, souvent peu enclins à faire des concessions. Mais cette solution a été créée par le binôme pour qu’elle n’ait aucun impact sur les habitudes des consommateurs : « On peut aujourd’hui être éco-citoyen en allant se faire couper les cheveux, sans que rien ne change au quotidien ! Notre message est cool, simple et sensibilise à la protection de l’environnement » explique Clément Baldellou, cofondateur de la start-up.

Aujourd’hui, Capillum travaille avec plus de 1200 salons de coiffure en France, dont un grand nombre en occitanie. Grâce à ses différents partenaires logistiques, qui assurent le ramassage des cheveux, la collecte est possible sur la quasi-totalité de la France. Aussi, plus de 90 sites servent de points d’apport volontaire pour que les coiffeurs puissent y déposer les cheveux en toute simplicité. Capillum travaille aussi avec des acteurs économiques, dont des collectivités, pour sensibiliser sur le recyclage des cheveux. C’est le cas dans la région avec le Sictom Pézenas-Agde, qui permet aux coiffeurs du secteur de ne plus payer la taxe d’ordures ménagères en adoptant cette solution.

Melanie Tayac, responsable du salon eurêka coiffure à Mèze