Linky
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Linky : pourquoi la nouvelle pénalité financière fait bondir 2 millions de Français

Ils sont encore 2 millions de foyers en France à ne pas avoir sauté le pas du compteur communicant. Si certains invoquent des raisons médicales ou techniques, d’autres y voient une intrusion dans leur vie privée. Mais depuis peu, la facture s’est alourdie : la pénalité pour refus de Linky a explosé. Face à ce qu’il qualifie de « sanction déguisée », le cabinet de Me David Guyon lance une action collective devant le Conseil d’État.

C’est un bras de fer qui dure depuis des années, mais il vient de prendre une tournure nettement plus coûteuse pour le portefeuille. Jusqu’ici, ne pas avoir de compteur Linky coûtait quelques euros par mois. Désormais, la note est devenue salée.

 

Une hausse tarifaire « punitive »

 

Selon Me David Guyon, avocat aux barreaux de Paris et de Montpellier, le gouvernement et la Commission de régulation de l’énergie (CRE) ont changé de braquet. On est passé d’une petite contribution de 9 € par an en 2022 à une facture qui avoisine aujourd'hui les 73 € TTC par an.

« La tarification devient un outil de contrainte », déplore l'avocat. Pour lui, ce n'est plus seulement le coût du déplacement d'un technicien qui est facturé, mais bien une volonté politique de faire plier les derniers réfractaires.

 

Les arguments du recours : égalité et vie privée

 

L’action collective lancée ce 5 mai 2026 devant le Conseil d’État ne conteste pas la légalité du compteur en soi, mais bien la méthode. L'avocat souligne plusieurs points critiques :

  • La rupture d'égalité : Pourquoi traiter différemment deux usagers alors que les anciens compteurs remplissent toujours leur fonction première : compter l'énergie.
  • L'absence d'exception médicale ou technique : Certaines personnes souffrent d'électrosensibilité (reconnue par la jurisprudence) ou habitent dans des logements où l'installation nécessiterait des travaux colossaux. Pourtant, la pénalité tombe, sans distinction.
  • La protection de la vie privée : Pour beaucoup, le boîtier vert est perçu comme un "Big Brother" capable de collecter des données précises sur les habitudes de vie (heures de lever, présence, etc.).

« La question n'est pas seulement financière, c'est un choix de société », résume Me Guyon. « On peut, par un simple bouton, vous désactiver à distance certains appareils. Cela inquiète légitimement les citoyens. »

 

À quoi faut-il s'attendre ?

 

La procédure devant le Conseil d’État devrait durer entre 9 et 12 mois. L'enjeu est double : obtenir l'annulation de la pénalité actuelle, mais aussi empêcher les futures hausses. En cas de victoire, les participants pourraient espérer un remboursement rétroactif des sommes versées.

À ce jour, plus de 1 600 personnes se sont manifestées et plusieurs dizaines ont déjà officiellement rejoint l’action. Pour l’avocat, il s’agit d’agir avant que le coût ne devienne « insupportable » pour les ménages.

 

Infos pratiques : comment rejoindre l'action ?

 

Si vous faites partie des foyers non équipés et que vous subissez cette surfacturation, voici la marche à suivre :

  • Vérifiez vos factures : Assurez-vous que la mention de la pénalité (liée à la relève manuelle ou au TURPE) apparaît bien sur vos relevés.
  • Contactez le cabinet : Le cabinet David Guyon centralise les demandes via son site internet guyon-avocat.fr. Un formulaire de contact permet d'évaluer votre dossier.
  • Pièces nécessaires : Prévoyez vos factures d'électricité et, le cas échéant, tout justificatif (médical ou technique) expliquant l'impossibilité d'installer le compteur.

Publié : 12h26 par C Aubry