Occitanie : la région veut lutter contre la pollution lumineuse

La région Occitanie a achevé, fin août dernier, une carte soulignant les zones de pollution lumineuse. Un sur-éclairage dont les conséquences, notamment sur l’environnement, commencent à être prises en considération dans les politiques publiques.

4 octobre 2021 à 9h03 par Corentin Aubry

Eclairage public

Une cartographie pour diminuer l’impact de la pollution lumineuse

La pollution lumineuse fait partie de notre quotidien. Ce terme désigne la présence nocturne anormale ou gênante de lumière artificielle, engendrée majoritairement par l’éclairage public et les millions de lampadaires qui éclairent nos rues. Souvent reléguée, voire oubliée, cette pollution n’est pourtant pas sans conséquence, et pose de multiples problèmes économiques et environnementaux. Pour les hommes et les autres espèces vivantes. « L’excès de lumière artificielle la nuit est problématique » explique la région Occitanie. « D’une part, il dégrade la qualité des habitats et, d’autre part, il perturbe les déplacements et est ainsi une source de fragmentation. Il a en outre des effets négatifs sur la santé des habitants et de la faune en général. Il est ainsi nécessaire d’intégrer les besoins d’obscurité au sein des trames vertes et bleues urbaines ». C’est en partant de ce constat que la région Occitanie a décidé de faire une étude sur le sujet, en commençant par une cartographie précise des zones sensibles, pour permettre aux communes de travailler sur des politiques visant à diminuer l’éclairage public. Cette étude a aussi pour but d’engager une dynamique d’échange et de collaboration sur le sujet en dans la région.

 

Environ 1 700 communes agissent contre la pollution lumineuse en Occitanie

 

« Selon l’ADEME, les 11 millions de points lumineux qui constituent le parc d’éclairage public appellent une puissance d’environ 1300 MW, soit la puissance délivrée par une tranche nucléaire récente à pleine charge. L’éclairage public correspond à 41 % de la consommation d’électricité des communes et émet annuellement 670 000 tonnes de CO2 » détaille le ministère de l'Écologie sur son site internet. Plusieurs initiatives et labels existent depuis plusieurs années pour sensibiliser et réduire l’impact de la pollution lumineuse sur nos vies.

Certaines mairies ont déjà fait le choix de supprimer totalement leur éclairage la nuit. D’autres sont en expérimentation. Il existe d’ailleurs un label national « Villes et Villages étoilés » qui valorise les démarches d'amélioration de la qualité de la nuit et de l'environnement nocturne. Des campagnes de sensibilisation nationales sont aussi mises en place par des collectivités et des citoyens, sur les nuisances lumineuses et l’environnement nocturne.

 

Lodève, 50 % de son parc renouvelé

 

Aujourd’hui, de nombreuses collectivités et organismes publics s’engagent dans une diminution de l’éclairage public et dans une réflexion plus globale sur la maîtrise de celui-ci.

C’est le cas par exemple de Lodève, dans l’Hérault, qui a rénové près de 50 % de son éclairage public ces dernières années. À terme, ce sera l’intégralité du parc qui sera remplacé. Les vieilles ampoules oranges sont peu à peu remplacées par des ampoules LED, qui ont moins d’impact sur la population, la faune et la flore. Avantage supplémentaire, la possibilité de varier l’intensité lumineuse selon les endroits, ou l’époque de l’année, de manière à ne pas sur-éclairer. Enfin, argument non-négligeable pour les collectivités de procéder à une modernisation de leur parc, les économies liées à la baisse de la consommation de ces nouvelles ampoules : une baisse de 60 % sur la facture, qui assure un retour sur investissement rapide, en quelques années seulement.