Made in Perpignan

Pyrénées-Orientales : le média Made In Perpignan lance un appel aux dons pour boucler l'année

Lassée de l'information au kilomètre, une petite équipe de journalistes lançait en 2016 un média libre et indépendant dans les Pyrénées-Orientales. Dix ans plus tard, sans publicité ni abonnements payants, la démarche touche ses limites financières. Pour éviter la clé sous la porte en décembre, l'équipe fait appel à ses lecteurs.

Un pari un peu fou qui dure depuis dix ans

 

L'histoire commence en 2016. À l'époque, Maïté Torres et ses coéquipiers font un constat simple : la presse régionale tourne vite, privilégie souvent les faits divers et l'urgence, alors que le territoire mérite qu'on y consacre du temps. L'équipe décide alors de lancer Made In Perpignan avec une ligne claire : enquêter sur le fond, raconter les initiatives locales et donner la parole à ceux qu'on n'entend pas ailleurs.

Dès le départ, les choix éditoriaux et économiques sont tranchés. Pas de publicité sur le site, pour ne rendre de comptes à aucun annonceur et éviter toute suspicion de connivence. Le média appartient à 100 % à ses journalistes, sans grand groupe ni milliardaire au capital. Enfin, le choix de la gratuité totale s'impose rapidement. Dans l'un des départements les plus pauvres de France, l'équipe refuse de bloquer l'accès aux enquêtes derrière des articles payants. Pour elle, l'information de fond doit rester accessible à toutes et tous.

Pour rémunérer ses cinq journalistes basés sur place, le journal a développé au fil des ans un modèle hybride : la revente de reportages et de photos à d'autres médias, des ateliers d'éducation à l'information dans les écoles ou en milieu carcéral, et les contributions volontaires des lecteurs.

 

Pourquoi le compteur est dans le rouge aujourd'hui ?

 

Ce fonctionnement sans filet reste extrêmement fragile. Cette année, plusieurs contrats et recettes prévus ne se sont pas concrétisés, créant un trou d'air immédiat dans les comptes. La structure ne dispose pas de la trésorerie des grands médias pour encaisser le coup.

Sans un soutien massif avant la fin du mois de septembre, Made In Perpignan ne passera pas l'année 2026. La disparition du titre laisserait un vide dans le paysage local, alors que le journal est souvent le seul à creuser certains dossiers sociaux comme la précarité ou les violences sexistes, tout en mettant en lumière les élans de solidarité discrets du département.

L'équipe a déjà pris des mesures pour alléger ses charges, notamment en rendant ses locaux professionnels pour repasser en télétravail. Elle réfléchit aussi à ouvrir son capital à ses lecteurs. Mais d'ici là, seule la collecte en cours permettra au média de boucler l'année et de continuer d'exister.

 

Comment contribuer ?

 

Au 28 juillet, la mobilisation portait déjà ses fruits avec plus de 10 000 euros récoltés. Il reste désormais 15 000 euros à réunir d'ici la fin septembre. Tous les gestes comptent, d'autant que la déduction fiscale allège la note si vous payez des impôts : un don de 100 € ne coûte réellement que 34 € après réduction d'impôt.


Publié : 21h08 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement