Fraises pas cher

Raz-de-marée sur la fraise française : pourquoi les prix chutent en rayon

C'est le moment de sortir les saladiers. Entre une météo qui a emballé les cultures et des récoltes records, la fraise française s'affiche à des prix inhabituellement bas. Une aubaine pour les gourmands, mais un sacré coup de stress pour les producteurs qui doivent écouler les stocks au plus vite.

Si vous avez fait un tour au rayon fruits et légumes ces derniers jours, vous avez dû voir rouge. Pas à cause de l'inflation, pour une fois, mais grâce à une avalanche de barquettes de Gariguettes et de fraises rondes. On ne parle pas d'une petite hausse de production, mais d'un véritable pic favorable aux consommateurs.

 

+30% de Gariguettes : le "coup de chaud" de la semaine de Pâques

 

Tout s'est joué juste après Pâques. Le soleil et la douceur ont agi comme un turbo sur les plants. Résultat : la semaine 15 a vu débarquer plus de 1 300 tonnes de fraises au niveau national.

« On a eu 30 % de volume en plus que ce qu'on a d’habitude sur un pic de production classique », explique Emeline Vanespen, directrice de l'AOPn Fraises et Framboises de France. Le problème ? La fraise est un produit "ultra-frais". Elle ne supporte pas d'attendre dans un frigo ou un entrepôt. Soit elle est vendue tout de suite, soit elle est perdue.

 

La barquette à prix cassé

 

Pour éviter la crise et l'embouteillage face à la concurrence espagnole, les producteurs et les grandes surfaces ont tranché : il faut que ça parte. On peut trouver actuellement, la Gariguette (le haut de gamme) autour de 2,49 € les 250g, et la fraise ronde (pour les tartes ou les confitures) aux alentours de 3 € les 500g.

C'est presque moitié prix par rapport à certaines années à la même période. L'objectif est clair : inciter les clients à "charger" le panier pour éponger ce surplus issu essentiellement du Sud de la France.

 

La suite ? Mara des bois et Charlotte arrivent

 

Est-ce que ça va durer ? Pour la Gariguette, le plus gros du pic est passé, mais les volumes restent solides. Et la relève est déjà là. La Mara des bois et la Charlotte commencent à arriver en nombre, suivies par les productions de Sologne, de Dordogne, puis plus tard celles du Nord et des zones de montagne.

« Pour le moment, on touche du bois, l'équilibre tient parce que les consommateurs jouent le jeu », confie Emeline Vanespen. En clair, si vous voulez soutenir la filière, vous savez ce qu'il vous reste à faire : le stock est là, il est bon, et il n'est pas cher.


Publié : 17h30 par
Corentin Aubry - Journaliste

Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement