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Sète Agglopôle : Loïc Linares trace une voie plus verte
À Sète, Loïc Linares a dévoilé sa feuille de route pour Sète Agglopôle : dépollution des friches ExxonMobil à Frontignan, dégel de la LGV contre des garanties de desserte, eau et climat au premier plan. Une inflexion écologiste pour préparer 2026 et l'après.
Nouveau mandat, nouvelle méthode. À la tête de Sète Agglopôle, Loïc Linares a réuni la presse pour poser les orientations des prochaines années. Consensus avec les quatorze maires, inflexion écologiste assumée, grands chantiers qui sortent enfin de terre : le président trace une trajectoire qui court bien au-delà du seul mandat, jusqu'aux horizons 2085 et 2125.
Sète Agglopôle réindustrialise ses friches
Le premier chantier porte un nom qui a longtemps rimé avec pétrole : ExxonMobil. À Frontignan, dix hectares viennent d'être dépollués et redeviennent aménageables. Sète Agglopôle y prépare une zone à dominante économique, pensée pour mêler les usages plutôt que grignoter de nouveaux espaces naturels.
Dans les cartons : une part de réindustrialisation pour attirer des entreprises créatrices d'emplois, un espace réservé aux artisans du territoire qui manquent cruellement de locaux, et un pôle tertiaire adossé à la gare multimodale de Frontignan, appelée à être déplacée sur le site. « Ce sera un peu la locomotive de la zone », résume Loïc Linares. Un volet loisirs, tourné vers le cœur ancien, complète le schéma.
Reste la question qui intéresse les familles : du logement ? La réponse se veut prudente. Il ne sera possible que si des études complémentaires écartent tout risque sanitaire, l'arrêté préfectoral n'ayant imposé à l'industriel qu'une dépollution à usage économique. « Aujourd'hui, on n'en a pas la certitude », prévient le président.
La dynamique dépasse le seul site pétrolier. L'ancienne cimenterie Lafarge offre cinq hectares mobilisables rapidement, tandis que sa partie tournée vers l'étang, ouverte pour la première fois aux habitants lors de la Conch'Party, restera un lieu de rassemblement façonné avec eux, en urbanisme transitoire. Les sites Timac Agro, Angibaud et l'entrée Est de Sète suivront. L'ambition chiffrée : entre 20 et 30 hectares de friches à remobiliser sur dix ans, alors que le chômage frôle les 20 % et qu'un budget 2027 sous contrainte se profile déjà.
La ligne nouvelle vise un train du quotidien
Longtemps gelée, la participation financière de Sète Agglopôle à la ligne nouvelle à grande vitesse est enfin débloquée : 840 000 euros sur quatre ans. Un revirement obtenu contre des garanties écrites, arrachées avant le lancement des appels d'offres de la SNCF prévu en septembre.
Le bénéfice concret ne tient pas dans la vitesse, mais dans le quotidien. En basculant la moitié du fret sur la nouvelle infrastructure, la ligne historique se libère pour le TER. Le territoire passerait de 68 à 100 arrêts par jour d'ici 2035, le nombre d'Intercités doublerait, de quatre à huit, et les amplitudes horaires s'élargiraient enfin pour les étudiants et les travailleurs du soir.
Le matériel roulant suivra : trains Oxygène dès 2027 pour les Intercités, rames TER à double étage pour absorber les pointes du matin. Jusqu'à 18 sillons TGV pourraient à terme être mis sur le marché, contre huit aujourd'hui. Le président y voit l'esquisse d'un « RER du littoral ». Il a aussi obtenu 30 % de crédits supplémentaires pour l'intégration paysagère du viaduc de Poussan et une réserve foncière destinée à une halte de secours si la ligne historique venait à fermer.
Sète Agglopôle place l'eau et le climat au cœur du projet
Un point continue pourtant de crisper : la source d'Issanka, dont le champ captant longe le tracé. Le président se veut rassurant. Les pieux de la SNCF descendraient à quinze mètres quand le toit calcaire qui protège la nappe se situe entre 35 et 50 mètres de profondeur. La collectivité exige malgré tout de ne pas dépasser 40 mètres lors des sondages et a prévu une convention d'indemnisation. « Le risque zéro n'existe pas », admet Loïc Linares, qui écarte tout plan B autre que l'adaptation des techniques de chantier.
La ressource, elle, se raréfie. Issanka tarit déjà certains étés, obligeant Sète à puiser ailleurs, notamment sur le champ captant de Florensac et l'eau du Bas-Rhône. La parade se joue sur la réutilisation des eaux usées : la station des eaux blanches, équipée en traitement membranaire, produit une eau de qualité baignade déjà autorisée pour le lavage urbain et cédée à l'industriel Saipol. La salinité, trop forte à cause de réseaux poreux, freine encore l'usage agricole, que Sète Agglopôle espère débloquer via les mesures compensatoires de la ligne nouvelle.
Toute la feuille de route s'inscrit dans cette grille climatique. Le futur projet de territoire fixera des trajectoires à 2085 et 2125. Le Schéma de cohérence territoriale, en cours de révision, réduit l'extension urbaine de 240 à 120 ou 140 hectares, avec 20 % de renaturation, et répartit désormais la production de logements pour moitié sur la rénovation de l'ancien. Les espaces naturels, plus de 70 % du territoire, restent sanctuarisés. En clair, Sète Agglopôle construit moins, mais mieux, et sur l'existant.
La conchyliculture, elle, encaisse déjà le choc. La disparition brutale d'Alicia Roque, élue et vice-présidente de la coopérative, a ouvert la conférence sur une note grave. Sur le fond, le norovirus, qui survit jusqu'à 21 jours dans le milieu contre trois ou quatre pour les bactéries, échappe encore à tout traitement ; un groupe de travail scientifique vient de se constituer, sans que le président promette une garantie totale pour l'hiver. Le port de Sète-Frontignan, de son côté, poursuit son extension sur trente hectares derrière la digue Sifmar et mise sur la rénovation du quai I pour élargir ses filières.
Séminaire avec les maires dans quinze jours, plan pluriannuel d'investissement pensé sur deux mandats, candidature du territoire aux expérimentations climatiques à l'échelle nationale et européenne : Loïc Linares avance à découvert. « Il faut rétablir cette confiance » avec les habitants, martèle-t-il, en faisant de la concertation une méthode plus qu'un affichage. Les quatre prochaines années diront si les friches d'hier deviennent vraiment les emplois de demain.
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Passionné d'animation depuis l'âge de 14 ans, a pris les commandes de la matinale d'RTS à seulement 19 ans, poste qu'il a occupé pendant 13 ans. Après des études de sciences économiques à Montpellier, il occupe plusieurs postes chez RTS, devenant successivement responsable d'antenne, animateur, responsable technique. Aujourd'hui directeur général de la radio et de la régie publicitaire RTS Communication, il est également directeur de publication, avec une spécialisation dans l'actualité high-tech, économique et environnementale. Secteurs préviligiés : High-Tech, IA, Economique, Environnement
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