Marine Olacia lance SAO Textile et recycle les filets de pêche
L’épisode 04 du podcast « La réussite est en vous » de la Banque Populaire du Sud met en lumière le parcours de Marine Olacia. Styliste passée par la fast fashion, elle a choisi de quitter un système qu’elle ne cautionnait plus pour créer SAO Textile, une entreprise qui transforme des filets de pêche usagés en fibre textile 100 % recyclée et produite en France.
Après quinze ans dans la mode, dont plusieurs années chez Inditex, maison mère de Zara, Marine Olacia a découvert l’envers du décor industriel. Des voyages en Turquie puis au Bangladesh ont marqué un tournant. « Derrière mon ordinateur, je ne voyais pas le making-of du vêtement. Sur place, j’ai pris un choc », confie-t-elle. Odeurs chimiques, manque d’aération, conditions sociales précaires : la réalité ne correspond plus à son idéal.
Le point de rupture intervient après un échange avec sa hiérarchie. « On m’a répondu : “On préfère qu’ils travaillent pour nous plutôt qu’ils se prostituent.” Là, j’ai compris que je ne pouvais plus continuer », raconte-t-elle. En 2019, elle quitte le groupe. Elle dit ne plus se sentir alignée avec ses valeurs.
Fast fashion : un modèle sous pression
L’industrie textile représente entre 4 et 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Selon les projections, ce chiffre pourrait atteindre 26 % d’ici 2050 si les tendances actuelles se poursuivent. Dans le même temps, la fast fashion et l’ultra fast fashion, portées par des plateformes comme Shein ou Temu, continuent de progresser.
Pour Marine Olacia, ce modèle repose sur l’immédiateté. « On a fait entrer dans la tête des consommateurs le “je veux et j’ai tout de suite” ». Les algorithmes analysent les comportements d’achat en temps réel et déclenchent des productions rapides, parfois en quelques jours. La création devient réactive, guidée par le clic plus que par une vision de long terme.
La responsabilité est partagée. « Un acte d’achat est un acte citoyen. Acheter chez Shein ou chez une marque française n’a pas le même impact social, économique et environnemental », souligne-t-elle. Elle rappelle qu’un vêtement à bas prix renouvelé chaque mois peut, à terme, coûter plus cher qu’une pièce durable.
SAO Textile : une filière 100 % française
C’est pendant le confinement que le projet prend forme. Engagée auprès de l’association Project Rescue Ocean à Marseille, Marine Olacia participe à des opérations de dépollution. Elle découvre alors le problème des filets de pêche en fin de vie. Ces matériaux synthétiques peuvent mettre jusqu’à 600 ans à se dégrader et participent au phénomène de « pêche fantôme » lorsqu’ils sont perdus en mer.
L’idée s’impose : créer de la valeur à partir de ce déchet marin. Avec SAO Textile, elle met en place un processus thermomécanique :
- découpe et défibrage du filet,
- transformation en granulés plastiques,
- extrusion pour obtenir un fil continu,
- texturisation pour produire un filament textile.
La fibre obtenue est 100 % recyclée, sans ajout de matière vierge. De la collecte au fil textile, la chaîne de valeur est entièrement française. Un choix stratégique dans un secteur largement délocalisé. « Il reste en France des industriels avec un savoir-faire exceptionnel. Ils ont cru au projet », précise-t-elle.
Les applications dépassent le seul vêtement : textile technique, bagagerie, équipements automobiles, ameublement ou encore vêtements professionnels. L’objectif pour 2026 est un lancement commercial à plus grande échelle, avec un positionnement orienté vers l’éco-conception et la production sur cahier des charges.
Le projet bénéficie du soutien financier de la Banque Populaire du Sud, engagée dans l’économie bleue. Lauréate du concours « Sud Exceptionnel », Marine Olacia poursuit désormais le développement industriel de SAO Textile.
Pour elle, l’avenir du textile passera par davantage de circularité, de traçabilité et de production locale, encouragées par la loi AGEC et par les futurs passeports numériques des vêtements. « On ne pourra pas stopper totalement la fast fashion, mais on peut créer d’autres modèles », affirme-t-elle.
À celles et ceux qui rêvent de mode, elle adresse un message simple : « Ne vous mettez pas de limite. On peut créer une mode différente, même depuis le sud de la France. » Un parcours qui rappelle que la réussite peut aussi naître d’un renoncement, lorsque les convictions prennent le dessus sur la carrière.
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Passionné d'animation depuis l'âge de 14 ans, a pris les commandes de la matinale d'RTS à seulement 19 ans, poste qu'il a occupé pendant 13 ans. Après des études de sciences économiques à Montpellier, il occupe plusieurs postes chez RTS, devenant successivement responsable d'antenne, animateur, responsable technique. Aujourd'hui directeur général de la radio et de la régie publicitaire RTS Communication, il est également directeur de publication, avec une spécialisation dans l'actualité high-tech, économique et environnementale. Secteurs préviligiés : High-Tech, IA, Economique, Environnement
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