Toulouse : l’huile de friture a remplacé le kérosène d’un A380 lors d’un vol test

Une expérimentation qui pourrait rendre l’aviation moins polluante. Fin mars, le plus gros avion civil du monde a pu voler pendant 3 heures, grâce à ce carburant alternatif sans aucune goutte de Kérosène.

25 avril 2022 à 10h03 par Corentin Aubry

Airbus
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Crédit: Airbus A380 - Pixabay

Généraliser l’utilisation de ce carburant propre avant la fin de la décennie

Vivement critiquée pour son impact sur l’environnement, l’aviation teste des solutions qui pourraient rendre à l’avenir les voyages en avion beaucoup plus propres. Car voyager dans les airs, uniquement grâce à de l’huile de friture, sera peut-être dans un futur proche la généralité. Dans un communiqué publié fin mars, l’avionneur toulousain a annoncé avoir réussi pour la première fois à faire voler un A380, uniquement alimenté par du carburant alternatif, à base d’huile de cuisson usagée. Le 25 mars dernier, l’avion a décollé de l’aéroport de Blagnac à 8 h 43 et le vol a duré environ 3 heures. « 27 tonnes de SAF (carburant d’aviation durable) non mélangé ont été fournies par TotalEnergies pour ce vol. Le SAF produit en Normandie, près du Havre, en France, était fabriqué à partir d'esters et d'acides gras hydrotraités (HEFA), exempts d'aromatiques et de soufre, et principalement constitués d'huile de cuisson usagée, ainsi que d'autres déchets gras » explique Airbus dans son communiqué.

Il s’agit du troisième avion d’Airbus à voler grâce à ce type de carburant en l’espace d’un an. En mai dernier, un premier vol long-courrier propulsé grâce à de l’huile de friture usagée avait pu relier Paris à Montréal. Des expérimentations qui pourraient permettre de réduire drastiquement l’impact environnemental des transports en avion, lorsqu’elles se généraliseront. C’est en tout cas la volonté d’Airbus qui souhaite faire de cette énergie une voie clé pour atteindre l’ambition de l’industrie de zéro émission nette de carbone d’ici 2050. « Les principales statistiques présentées dans le rapport Waypoint 2050 indiquent que les SAF pourraient contribuer entre 53 % et 71 % des réductions de carbone requises » indique l’avionneur. Des tests qui permettent aussi d’avancer sur un autre projet ambitieux du groupe, puisqu’il constitue aussi « un banc d'essai volant pour les technologies futures essentielles à la mise sur le marché du premier avion zéro émission au monde d'ici 2035 ».