Automobiles : ce qui a changé depuis le 1ᵉʳ janvier 2026
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les automobilistes français font face à une série de réformes majeures qui transforment en profondeur le paysage automobile. Immatriculation provisoire, contrôle technique, fiscalité écologique et sécurité des véhicules : ces changements, désormais effectifs, poursuivent un objectif affiché de sécurité routière et de transition écologique. Mais à peine quelques semaines après leur entrée en vigueur, leurs effets concrets soulèvent déjà de nombreuses inquiétudes. Délais irréalistes, risques d’immobilisation injustifiée, coûts indirects pour les usagers : sur le terrain, la réforme apparaît plus brutale que prévue. Décryptage complet de ces nouvelles règles, à la lumière de l’expertise de Daniel Deswel, conseiller litige à l’UFC-Que Choisir de Sète.
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Des plaques d’immatriculation roses désormais visibles sur les routes
Depuis le début de l’année, un nouveau type de plaques d’immatriculation provisoires de couleur rose est officiellement en circulation en France.
Ces plaques remplacent les anciennes plaques temporaires WW et W garage, jusqu’ici blanches à caractères noirs.
À quoi servent ces plaques roses ?
Elles concernent les véhicules ne disposant pas encore d’une immatriculation définitive française, notamment :
- les véhicules neufs en attente de leur carte grise,
- les véhicules importés de l’étranger,
- les véhicules utilisés temporairement par les professionnels de l’automobile (essais, démonstrations, déplacements).
Plus de 400 000 véhicules par an sont concernés.
Un changement avant tout visuel… et stratégique
Les nouvelles plaques se distinguent par :
- un fond rose très visible, avec caractères noirs,
- l’indication claire, sur la partie droite, de la date de fin de validité du certificat provisoire (mois et année),
- un format et des dimensions inchangés.
Les anciennes plaques provisoires restent valables jusqu’à leur expiration.
L’objectif est clair : lutter contre la fraude.
Jusqu’ici, les plaques WW ressemblaient fortement aux plaques définitives, rendant les contrôles complexes et favorisant les prolongations illégales de circulation.
Désormais, la distinction est immédiate et la fraude beaucoup plus facile à détecter.
Contrôle technique : les rappels constructeurs intégrés depuis janvier
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le contrôle technique intègre désormais les campagnes de rappel de sécurité des constructeurs. C’est l’un des changements les plus lourds de conséquences pour les automobilistes.
Si un véhicule est concerné par un rappel grave, le contrôle technique peut être refusé automatiquement tant que la réparation n’a pas été effectuée.
Cas des rappels « stop-drive »
Pour les rappels classés « stop-drive » — notamment ceux liés aux airbags Takata — la situation est encore plus stricte :
- le véhicule est considéré comme présentant un danger grave,
- il ne peut plus circuler,
- le contrôle technique est bloqué jusqu’à réparation complète.
Pour les autres rappels graves, le propriétaire est informé, mais sans obligation immédiate de contre-visite.
Ce qui ne change pas
Contrairement à certaines rumeurs :
- les critères techniques classiques (freins, pneus, éclairage, émissions…) ne sont pas durcis,
- la périodicité reste inchangée : 4 ans après la première mise en circulation, puis tous les 2 ans.
Sécurité routière : un objectif légitime, une application contestée
Sur le principe, l’UFC-Que Choisir reconnaît la légitimité de la réforme :
« Il n’est pas acceptable que des véhicules présentant un défaut grave identifié par le constructeur continuent de circuler sans être réparés. »
L’intégration des rappels au contrôle technique vise à empêcher que des voitures dangereuses restent sur les routes pendant des mois, voire des années.
Le point noir : les délais chez les concessionnaires
Mais cette réforme se heurte à une réalité bien connue des automobilistes :
- délais de rendez-vous de plusieurs semaines ou mois,
- pénuries de pièces détachées,
- campagnes de rappel touchant parfois des centaines de milliers, voire des millions de véhicules.
Dans de nombreux cas, le propriétaire est de parfaite bonne foi, mais se trouve matériellement incapable de faire réparer son véhicule dans des délais raisonnables.
Des conséquences immédiates et lourdes
Cette situation entraîne :
- une immobilisation forcée du véhicule,
- des coûts indirects importants : location d’un véhicule, transports alternatifs, pertes de revenus pour les professionnels,
- de fortes inégalités de traitement, selon la marque, la région et la disponibilité des concessions.
À court terme, cette réforme risque aussi :
- de saturer les ateliers,
- d’augmenter artificiellement le nombre de véhicules immobilisés,
- de pénaliser prioritairement les ménages les plus modestes.
Les propositions de l’UFC-Que Choisir
Face à ces dérives potentielles, l’UFC-Que Choisir formule plusieurs propositions concrètes :
- accorder un délai raisonnable après le contrôle technique si un rendez-vous est déjà pris,
- accepter une preuve de prise de rendez-vous au lieu d’exiger une réparation immédiate,
distinguer clairement :
- les rappels critiques nécessitant une immobilisation immédiate,
- les rappels moins urgents, avec tolérance temporaire,
- responsabiliser les constructeurs, en leur imposant des délais maximums de prise en charge.
Pour l’association, la réforme est justifiée sur le fond, mais mal calibrée dans sa mise en œuvre actuelle.
Airbags Takata : un scandale judiciaire qui s’étend
Ce durcissement du contrôle technique intervient dans un contexte explosif : celui du scandale des airbags Takata.
Après une première plainte déposée en janvier 2025 contre Citroën et le groupe Stellantis, puis un nouveau décès survenu en mars 2025 en Guadeloupe à bord d’un véhicule Toyota, l’UFC-Que Choisir a intensifié son action.
En mai 2025, l’association a déposé une nouvelle plainte contre BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz et Toyota.
Des accusations lourdes
Les faits dénoncés sont graves :
- pratiques commerciales trompeuses,
- tromperie aggravée,
- mise en danger délibérée de la vie d’autrui.
Malgré l’ampleur du scandale, l’UFC-Que Choisir constate encore :
- des rappels tardifs,
- des campagnes imprécises,
- une information insuffisante des consommateurs.
L’association réitère sa demande de création d’une commission d’enquête parlementaire.
Malus écologique 2026 : un tour de vis fiscal bien réel
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le malus écologique a été significativement renforcé. Il repose sur deux critères :
- Le malus CO₂, déclenché dès 108 g/km,
- Le malus au poids, applicable au-delà de 1 500 kg.
Ces deux taxes se cumulent, frappant particulièrement les SUV.
Un plafond record
Le plafond du malus est désormais fixé à 80 000 €, contre 70 000 € en 2025.
À titre d’exemple, un véhicule émettant 140 g/km de CO₂ peut désormais subir un malus d’environ 2 200 €, contre 1 500 € l’an dernier.
Qui échappe au malus ?
- Les véhicules 100 % électriques,
- certaines personnes en situation de handicap,
- certaines familles nombreuses, sous conditions strictes.
Les hybrides rechargeables sont de plus en plus concernés, en raison de leur poids et de leur usage réel souvent thermique.
Voitures d’occasion : pas de malus généralisé en 2026
Contrairement aux rumeurs largement relayées sur les réseaux sociaux, il n’existe pas de malus écologique généralisé sur les voitures d’occasion en 2026.
Les mesures évoquées restent limitées ou pourraient être repoussées à 2027.
Un équilibre encore à trouver
À peine quelques semaines après leur entrée en vigueur, les réformes automobiles de 2026 révèlent déjà leurs limites.
Si la sécurité routière et la transition écologique sont des objectifs légitimes, leur application actuelle risque de créer des situations injustes pour des automobilistes de bonne foi.
Pour l’UFC-Que Choisir, un équilibre reste à trouver entre :
- sécurité,
- réalisme technique,
- respect des usagers.
Sans ajustements rapides, ces mesures pourraient transformer une réforme nécessaire en un facteur de tensions sociales et économiques durables.
A propos de l’UFC Que-Choisir de Sète
L’UFC-Que Choisir est une association créée en 1951 avec une mission : informer, conseiller et défendre les consommateurs. Que ce soit pour le logement, les assurances, la santé ou d’autres sujets, ils sont là pour vous aider !
Victime d’une arnaque ? Besoin d’un conseil ? Contactez l’antenne la plus proche. À Sète, l’UFC-Que Choisir du Bassin de Thau est joignable :
- Par téléphone au 04 30 41 53 30
- ou par mail contact@sete.ufcquechoisir.fr
Horaires d’ouverture :
- Lundi après-midi : 14h - 16h30
- Mardi au vendredi : 9h - 11h30
Des permanences sont aussi organisées à Agde, Mèze, Balaruc-les-Bains, Poussan et Frontignan. Profitez-en pour poser toutes vos questions !
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Journaliste et chroniqueur pour RTS FM, possède une solide expérience dans les domaines des sorties, de la nature et de l'environnement. Issu de l’univers de la communication et de la radio, il a développé une expertise en animation d’émissions, réalisation de podcasts, interviews et reportages. Ancien chargé de communication, il a travaillé pour des médias tels que Grand Sud FM et RCF avant de devenir consultant indépendant. Son parcours est enrichi par une formation en communication et technologies de l'information, ainsi qu'en techniques de réalisation radio. Secteurs préviligiés : Sortie, Nature, Environnement, Culture, Social, Divertissement
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